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EMDR QUELQUES HISTOIRES
Je me propose de relater dans cette page quelques histoires vécues dans ma pratique de l’E M D R / D M S depuis 1998. Toutes ces histoires sont authentiques. J'ai changé les noms des personnes et parfois leur sexe pour éviter toute identification. Traitement d'une phobie simple. Valentine et les pistaches. Valentine a 13 ans, elle vient me voir avec sa maman sur la recommandation d'un kinésithérapeute de la région. Son problème est le suivant: Valentine a peur de mourir étouffée si elle avale quelque chose qui se coince dans sa gorge. Pour éviter d'être confronte a cette situation, Valentine mange principalement des aliments écrases ou mixes. Parfois, elle a même peur d'avaler sa salive. Elle est très angoissée et stressée en permanence. Lors du premier entretien. Je repère quelques cibles à travailler: 1) Elle m'explique qu'a l'âge de 9 ans elle a été hospitalisée pour avoir avalé une pistache qui est restée coincée dans son œsophage. Elle conserve un très mauvais souvenir de cet épisode. 2) Elle me raconte que dernièrement elle a fait un malaise en mangeant un sandwich, car un morceau de croute de pain est resté quelques instants dans sa gorge. Cela a déclenché une forte panique chez elle et dans son entourage. Lors du deuxième entretien. Je décide de travailler sur ce dernier épisode très récent, car la charge émotionnelle me semble extrêmement présente. Après avoir respecté tout le préalable de la procédure, je procède à une stimulation bilatérale visuelle. Très rapidement apparaissent des souvenirs lies à l'épisode de la pistache. La peur était évaluée à 9,5 sur 10. La localisation de cette peur se trouve, dans la poitrine, le dos, avec des frissons. La croyance limitante est : "Ca peut rester coince et je vais étouffer ". La croyance aidante cible est : "C'est un aliment comme les autres". L'évaluation de cette croyante aidante est de 1 sur 7. Après quelques mouvements oculaires : A Elle se souvient que les infirmières, qui se sont occupées d'elle, parlaient entre elles d'un cas un peu similaire ou après une " fausse route " d'un chewing-gum, un petit garçon était décédé. B Que sa maman lui avait raconte qu'elle-même avait du être hospitalisé pour avoir avalé une pièce de monnaie. C Enfin que son petit frère avait, vers l'âge de 7 ans, introduit une perle dans une de ses narines et avait du aller aux urgences. Je travaille avec toutes ces cibles. À la fin du RV de 1heure30. La peur est tombée à 0/1 sur 10 La croyance aidante est valide a 7/7. Lors du troisième entretien. Nous faisons le point sur la semaine passée. Il n'y pas eu d'angoisse et Valentine commence a manger normalement. Elle n'arrive pas a croire ce qui lui arrive. Elle s'inquiète d'une éventuelle rechute, je la rassure sur ce point. Elle est presque amusée d'avoir eu ce problème, trouve cela complètement idiot. Je lui apprends quelques mouvements respiratoires pour diminuer son stress. Disposant d'un logiciel " Feeze Framer " je lui montre sur un écran d'ordinateur qu'elle est capable de modifier sa cohérence cardiaque et de vivre de manière plus décontractée. Ce troisième Rv sera le dernier avec Valentine. Ceci est une première histoire. J'en ajouterai d'autres au fur et à mesure du temps dont je dispose pour faire ces narrations. Bernadette une histoire de deuil qui en cache une autre. Elle vient me voir sur les conseils d'un infirmier psychiatrique d'un CHS qui a entendu parler de moi. Lorsque j'ai demandé à Bernadette ce qui l'amenait dans mon cabinet, de gros sanglots l'ont envahie et elle n'a pu dire que : " Et bien, ça comme bien…. ". Quelques instants plus tard, elle a été capable de m'expliquer ce qui se passait. Son concubin, appelons, le Pierre, était décédé 4 mois plus tôt d'un cancer, elle était en pleine période de deuil. Cependant, en investiguant plus avant, je pus comprendre qu'elle admettait qu'il fallait traverser cette période pénible et que c'était un processus normal. Ce qui lui posait problème était ailleurs. Lors des préparatifs de l'enterrement de son compagnon, un incident s'était produit. Martine une des filles de Pierre, s'en était pris violemment a elle en lui disant en substance : " Tu n'étais que la maitresse, tu n'es rien dans cette famille, restes a ta place ". Cette agression a profondément choqué Bernadette. Elle vivait avec Pierre depuis 25 ans (Bernadette a 66 ans), et s'était toujours occupée de son compagnon, particulièrement, dans les derniers mois de sa maladie. Depuis cette date Bernadette : a un trait mauvais sommeil, pleure à chaque instant, n'a plus d'énergie et se désinvestit de toutes ses occupations habituelles. Je découvre toutes ces informations, plus d'autres que je ne rapporte pas ici, lors du premier entretien. Entretien pendant lequel je lui donne toutes les informations nécessaires sur le protocole. Au deuxième entretien Bernadette me dit : " C'est bizarre, je me sens mieux ", alors que je n'ai pas encore pratique l’EMDR / DMS. Lors de mes entretiens, je pratique systématiquement une hypnose conversationnelle qui permet déjà d'amorcer un processus de changement chez mes clients. Je procède au traitement sur la cible identifiée. Ce qui la perturbe le plus, c'est l'image du visage de Martine. Les paroles prononcées ont également un fort impact émotionnel chez Bernadette. Elle ressent une douleur dans la gorge et dans la poitrine. Pendant le traitement, d'autres souvenirs surviennent : a) La mort de son propre père et le fait qu'elle se sente coupable d'avoir été absente ont ce moment-là. b) La mort de sa mère. c) Les mauvaises relations avec sa belle-sœur. À la fin de ce RV d'une heure trente, une nouvelle évaluation nous montre qu'il ne reste rien de pénible à l'évocation de la scène initiale. La croyance aidante associée est : " Elle était très perturbée, je ne vais pas en faire une histoire ". Au troisième entretien. Bernadette arrive vraiment ravie et étonnée : " Je me suis senti très bizarre pendant 2 jours, après notre rendez-vous. Je me suis endormi tout de suite en rentrant à la maison. Depuis je dors huit heures par nuit. Cela ne m'est jamais arrive ou du moins je n'en ai pas le souvenir. Du vivant de Pierre, je lui disais que c'était un rêve pour moi de pouvoir dormir au moins six heures d'affilées ". " Je n'ai plus aucune colère vis-à-vis de Martine ". " Il me reste à faire le deuil de Pierre ". " J'espère revoir Martine bientôt ainsi que les petits enfants ". Avant de nous quitter, Bernadette me dit qu'elle reviendra me voir si nécessaire pour faire le deuil de Pierre. Je lui conseille de laisser faire les processus naturels, mais que je suis à sa disposition si elle le juge nécessaire. ........................
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